Médiumnité… à tout prix?

Photo de Wellington Cunha sur Pexels.com

Un médium honnête peut-il facturer ses services ou cela contrevient-il aux lois divines?

Je sais, c’est tout un débat; et comme c’est le cas pour bien des débats, les arguments exprimés (parfois véhément) relèvent bien souvent des valeurs personnelles plus que d’une réflexion neutre. J’aborderai le sujet sous divers angles dans ce billet et quelques autres, mais je m’attarderai d’abord au principe même du commerce de la médiumnité.

D’un point de vue purement humain, rémunérer un médium pour ses services semble tout à fait logique. Après tout, cette personne consacre une partie de son temps pour exercer une activité utile à quelqu’un d’autre. En outre, elle fournit un service, voire un produit (sous forme d’informations), qui mérite rétribution au même titre qu’un croissant ou un avis juridique. Après tout, il faut bien payer ses comptes!

Pourtant, la doctrine spirite, s’appuyant fermement sur les révélations des esprits, soutient que la médiumnité, étant un don de Dieu, devrait être offerte gratuitement aux fins de soutenir son prochain et de l’aider à progresser et ne devrait jamais être transformée en commerce, même honnête.

Le dilemme vient donc de la nature même de l’activité.

La capacité de servir d’intermédiaire appartient bel et bien à l’incarné. Celui-ci apporte cette aptitude avec lui en naissant et en dispose comme il le souhaite toute son existence matérielle, selon son libre-arbitre, sa conscience et son intuition. En principe, chaque médium peut donc décider de la façon dont il utilisera sa faculté, y compris la marchander. Un médium peut tout aussi bien décider de ne jamais exploiter sa faculté, voire tout faire pour l’éviter. Seulement, si l’on se fie aux communications spirites dignes de confiance, il apparaît clairement que cette aptitude est accordée à l’esprit qui se destine à une expérience charnelle dans un but précis; que la médiumnité constitue en ce sens un outil pour permettre à l’esprit concerné d’accomplir une « mission », favorisant sa propre évolution et celle des autres. L’exercice de la médiumnité devient donc à la fois une obligation (puisque la faculté a été accordée dans un but précis) et une responsabilité (car il faut l’utiliser à bon escient) et l’on devra rendre compte de l’utilisation qu’on en aura faite de retour dans le monde spirituel.

Par ailleurs, l’information transmise peut-elle vraiment être attribuée au médium, justifiant une rémunération? De toute évidence, à moins que le médium n’invente de toute pièce ou partiellement l’information transmise au « client », il ne fait que décrire ce qu’il perçoit avec plus ou moins d’exactitude, quelle que soit la forme sous laquelle il en prend connaissance. Sans compter qu’il est impossible pour quiconque de confirmer la véracité des informations transmises. Quelle valeur peut-on dès lors accorder à un tel compte rendu? Quel salaire mérite une telle activité? Peut-on même garantir que le médium effectue réellement une quelconque activité médiumnique?

Comme on le voit, il n’y a qu’un pas à faire pour franchir le seuil de la malhonnêteté, et la rémunération convenue pourrait bien justifier l’élan pour faire le saut.

Allan Kardec, lorsqu’il codifia la doctrine spirite, avait déjà perçu le problème. Aussi recommanda-t-il aux médiums adhérant à la doctrine d’éviter le commerce de la médiumnité. D’une part, cela minimise la possibilité de conflits et de malentendus entre les consultants et les médiums, et tout le négatif qui peut en découler en paroles et en pensées. D’autre part, cela incite le médium à consacrer sa faculté à des fins plus profitables pour lui-même et l’ensemble, notamment en la mettant à la disposition d’esprits plus évolués.

Alors, que doit-on en conclure?

Principalement, que tout médium, ayant son libre-arbitre, peut disposer de sa faculté comme il l’entend, mais qu’il devra rendre compte de cette utilisation et de ses conséquences. À chacun donc d’agir selon sa conscience, et aux autres de ne pas condamner, car il ne leur revient pas de juger. Dans le prochain billet, j’aborderai l’autre terme de l’équation, c’est-à-dire le « client », car si l’on vend un service, c’est que quelqu’un est prêt à payer pour l’obtenir.

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