Médiumnité… à tout prix?

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Un médium honnête peut-il facturer ses services ou cela contrevient-il aux lois divines?

Je sais, c’est tout un débat; et comme c’est le cas pour bien des débats, les arguments exprimés (parfois véhément) relèvent bien souvent des valeurs personnelles plus que d’une réflexion neutre. J’aborderai le sujet sous divers angles dans ce billet et quelques autres, mais je m’attarderai d’abord au principe même du commerce de la médiumnité.

D’un point de vue purement humain, rémunérer un médium pour ses services semble tout à fait logique. Après tout, cette personne consacre une partie de son temps pour exercer une activité utile à quelqu’un d’autre. En outre, elle fournit un service, voire un produit (sous forme d’informations), qui mérite rétribution au même titre qu’un croissant ou un avis juridique. Après tout, il faut bien payer ses comptes!

Pourtant, la doctrine spirite, s’appuyant fermement sur les révélations des esprits, soutient que la médiumnité, étant un don de Dieu, devrait être offerte gratuitement aux fins de soutenir son prochain et de l’aider à progresser et ne devrait jamais être transformée en commerce, même honnête.

Le dilemme vient donc de la nature même de l’activité.

La capacité de servir d’intermédiaire appartient bel et bien à l’incarné. Celui-ci apporte cette aptitude avec lui en naissant et en dispose comme il le souhaite toute son existence matérielle, selon son libre-arbitre, sa conscience et son intuition. En principe, chaque médium peut donc décider de la façon dont il utilisera sa faculté, y compris la marchander. Un médium peut tout aussi bien décider de ne jamais exploiter sa faculté, voire tout faire pour l’éviter. Seulement, si l’on se fie aux communications spirites dignes de confiance, il apparaît clairement que cette aptitude est accordée à l’esprit qui se destine à une expérience charnelle dans un but précis; que la médiumnité constitue en ce sens un outil pour permettre à l’esprit concerné d’accomplir une « mission », favorisant sa propre évolution et celle des autres. L’exercice de la médiumnité devient donc à la fois une obligation (puisque la faculté a été accordée dans un but précis) et une responsabilité (car il faut l’utiliser à bon escient) et l’on devra rendre compte de l’utilisation qu’on en aura faite de retour dans le monde spirituel.

Par ailleurs, l’information transmise peut-elle vraiment être attribuée au médium, justifiant une rémunération? De toute évidence, à moins que le médium n’invente de toute pièce ou partiellement l’information transmise au « client », il ne fait que décrire ce qu’il perçoit avec plus ou moins d’exactitude, quelle que soit la forme sous laquelle il en prend connaissance. Sans compter qu’il est impossible pour quiconque de confirmer la véracité des informations transmises. Quelle valeur peut-on dès lors accorder à un tel compte rendu? Quel salaire mérite une telle activité? Peut-on même garantir que le médium effectue réellement une quelconque activité médiumnique?

Comme on le voit, il n’y a qu’un pas à faire pour franchir le seuil de la malhonnêteté, et la rémunération convenue pourrait bien justifier l’élan pour faire le saut.

Allan Kardec, lorsqu’il codifia la doctrine spirite, avait déjà perçu le problème. Aussi recommanda-t-il aux médiums adhérant à la doctrine d’éviter le commerce de la médiumnité. D’une part, cela minimise la possibilité de conflits et de malentendus entre les consultants et les médiums, et tout le négatif qui peut en découler en paroles et en pensées. D’autre part, cela incite le médium à consacrer sa faculté à des fins plus profitables pour lui-même et l’ensemble, notamment en la mettant à la disposition d’esprits plus évolués.

Alors, que doit-on en conclure?

Principalement, que tout médium, ayant son libre-arbitre, peut disposer de sa faculté comme il l’entend, mais qu’il devra rendre compte de cette utilisation et de ses conséquences. À chacun donc d’agir selon sa conscience, et aux autres de ne pas condamner, car il ne leur revient pas de juger. Dans le prochain billet, j’aborderai l’autre terme de l’équation, c’est-à-dire le « client », car si l’on vend un service, c’est que quelqu’un est prêt à payer pour l’obtenir.

Le spiritisme et les rituels

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Cette semaine a débuté le Carême pour les catholiques. De tels rituels existent dans pratiquement toutes les religions. Toutefois, on n’en trouve pas dans le spiritisme, car celui-ci n’est pas une religion en soi, au sens traditionnel du terme.

Selon les mots d’Allan Kardec :

« Au point de vue religieux, le spiritisme a pour base les vérités fondamentales de toutes les religions : Dieu, l’âme, l’immortalité, les peines et les récompenses futures, mais il est indépendant de tout culte particulier. En démontrant ces vérités par des preuves irrécusables, il ramène les incrédules aux idées religieuses et donne de la force à ceux qui chancellent, mais il ne s’occupe nullement des dogmes spéciaux. (…)

Comme morale, il est essentiellement chrétien, parce que celle qu’il enseigne n’est que le développement et l’application de celle du Christ, la plus pure de toutes, et dont la supériorité n’est contestée par personne; or, la morale est de toutes les religions.

Le spiritisme étant indépendant de toute forme de culte, et n’en prescrivant aucun, ne constitue point une religion spéciale, et ne recommande à personne de quitter la sienne. »

[Le spiritisme à sa plus simple expression, p. 16]

Voilà qui situe assez bien le spiritisme par rapport aux religions traditionnelles. Cela explique aussi les innombrables références au Christ et à ses enseignements moraux, lesquels peuvent donner une impression de religiosité. Toutefois, ces références s’expliquent par l’origine même de la doctrine et par son caractère philosophique visant l’amélioration du caractère et la croissance spirituelle.

Les enseignements « chrétiens » (dans le sens où ils viennent du Christ), permettent de comprendre ce que nous sommes, pourquoi nous sommes sur Terre et comment nous comporter idéalement, tandis que les phénomènes médiumniques nous apportent la preuve de ces affirmations philosophiques et le réconfort du contact avec des proches et avec des êtres plus avancés qui nous soutiennent dans notre parcours.

  • Ainsi, le spiritisme n’a ni leader spirituel, ni pape, ni gourou sur Terre; ceux-ci se trouvent dans le monde spirituel avec Dieu et Jésus en tête de ligne.
  • Le spiritisme n’a pas d’églises ni de lieux de culte, mais ses adeptes se regroupent dans des maisons ou des locaux qui deviennent le point de ralliement pour leur étude et leur pratique du bien à l’intention du prochain. Ils s’y regroupent aussi pour unir leurs énergies et prier plus efficacement pour épauler les bons esprits qui prêtent une assistance spirituelle à ceux qui en ont besoin. Chacun y vient quand il le désire, et ces lieux sont ouverts à tous, quelles que soient leurs allégeances. On y trouve des conseils, des ressources, un soutien et une orientation.  
  • Le spiritisme n’a pas de structure hiérarchique définie et directrice, mais les divers groupes se sont structurés et ont formé des organisations pour se donner des moyens de faire connaître la doctrine à plus grande échelle, notamment par la publication des livres spirites et la mise sur pied de diverses activités (séminaires, vidéos, etc.).
  • Le spiritisme n’a pas de dogmes immuables. Il repose sur des enseignements dont la véracité a été démontrée par les faits. En outre, il promeut une foi fondée sur la raison, et non une foi aveugle. Les spirites croient en la doctrine parce qu’ils ont compris qu’il ne peut en être autrement et parce que cette foi leur apporte lumière, soulagement, espoir et réconfort.
  • Le spiritisme n’a pas de rituels, mais parce qu’ils en ont compris l’importance, certains groupe et individus ont choisi d’effectuer régulièrement certaines activités comme la prière, individuelle ou collective, l’application de passes magnétiques et l’étude des ouvrages spirites. Ces habitudes pourraient être perçues comme des rituels, mais la différence vient du fait que les adeptes les pratiquent par choix et non parce qu’ils sont exigés par la doctrine.

En résumé, oui, le spiritisme peut avoir des airs de religion, mais quand on gratte un peu la surface des apparences, on s’aperçoit qu’il n’en est rien, et que le spiritisme se distingue nettement des religions.

Des préarrangements d’une autre nature

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De nos jours, il est courant de conclure des préarrangements funéraires, dans lesquels sont définis nos volontés en ce qui concerne notre inhumation (enterrement, crémation, choix du cercueil, exposition au salon funéraire ou non, cercueil ouvert ou non, prières, musique, etc.). Bref, ces arrangements préalables assurent le bon déroulement des opérations et allègent le fardeau pour les êtres chers laissés derrière.

Or, ces arrangements négligent un détail très important : la préparation spirituelle de ces êtres chers.

Dans son livre « Ouvriers de la vie éternelle », l’esprit André Luiz porte assistance à des esprits au moment de leur désincarnation, lorsque leur esprit quitte pour de bon l’enveloppe matérielle. Évidemment, chaque situation varie selon le vécu de la personne concernée. Il soulève cependant un point important.

La réaction des proches à la suite du décès a des conséquences notables sur le rétablissement du désincarné. En effet, le type de pensées émises par les vivants atteignent l’espace mental du désincarné, qui cherche à rééquilibrer son patron vibratoire pour continuer son parcours évolutif et s’adapter à sa nouvelle réalité. Cependant, lorsque ces pensées sont elles-mêmes déséquilibrées, elles nuisent au rétablissement de l’esprit. La tristesse excessive, la colère, le désespoir, la révolte, la satisfaction mesquine et toutes les autres émotions négatives sont à proscrire.

Bien sûr, il est normal que les proches soient tristes de perdre un être cher. Il ne s’agit pas ici de demeurer stoïques et insensibles. Seulement, une préparation convenable au décès de nos proches nous permettra de mieux comprendre le processus et ses multiples ramifications. De cette compréhension découleront des réactions plus appropriées et bénéfiques, tant pour le désincarné que pour ceux restés sur Terre. Le parcours de chacun sera ainsi allégé et plus serein.

Cette préparation passe par l’éducation intellectuelle et spirituelle. Il faut comprendre que la vie humaine est transitoire, que l’esprit est éternel et qu’il ne disparaît pas définitivement à la mort du corps, que la complexité ou la facilité de la séparation sera fonction de notre savoir et de nos croyances.

Le spiritisme est une excellente source d’enseignements à ce sujet. Aussi, je recommande fortement de lire « Le Livre des Esprits », d’Allan Kardec, qui énonce les principes de base et explique ce que nous sommes vraiment, en tant qu’humains, et comment nous devons orienter notre existence pour l’optimiser. Pour ceux qui souhaitent avoir un portrait concret de la vie dans l’au-delà et de ses innombrables facettes, je recommande la lecture des ouvrages d’André Luiz, notamment « Nosso Lar ».

En résumé, il faut aussi envisager la préparation au décès d’un point de vue spirituel et émotif grâce à un apprentissage convenable.

Quand la vie fait bien les choses…

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Pensez à une personne qui vous est très chère (votre meilleur ami, ou votre conjoint ou conjointe).

Comment vous êtes-vous rencontrés? Quelles étaient les probabilités que vos chemins se croisent? Dans mon cas, pour bien des personnes de mon entourage, les probabilités étaient bien minces, et pourtant, la rencontre a eu lieu. Comme si « la vie » avait fait en sorte qu’elle se produise d’une façon ou d’une autre, et j’irais jusqu’à dire, juste au moment propice, quand nous étions tous les deux prêts pour cette rencontre.

Hasard ou complot?

J’ai peine à croire au hasard dans ces circonstances, car ces rencontres, bien qu’imprévues pour les deux parties, diffèrent de toutes les autres rencontres qu’on peut faire par hasard dans une vie. En fait, elles s’en distinguent par un aspect bien précis : elles débouchent sur des relations durables. Ces rencontres ont lieu avec une personne qui prendra une importance particulière pour nous et jouera un grand rôle dans notre vie.

Un complot en ce cas? Évidemment, j’utilise ce mot à la blague pour exprimer ma conviction que ces rencontres exceptionnelles sont organisées et qu’elles le sont parce qu’elles étaient prévues dès le départ dans notre plan de vie.

La littérature spirite confirme d’ailleurs cette planification visant à nous fournir les occasions nécessaires à notre évolution (tant la nôtre que celle de l’autre personne en cause). Ainsi, le chemin parcouru ensemble dans d’autres existences se poursuit dans celle-ci pour le bénéfice de chacun.

De nombreuses facettes de notre incarnation sont planifiées de cette façon, et nos guides s’assurent que ces événements aient bien lieu sans cependant nous priver de notre libre-arbitre. J’entends par là que nous demeurons libres de nos choix, mais que nos guides prendront les mesures qui s’imposent pour que les événements requis surviennent en dépit de nos décisions.

Par exemple, supposons que mon plan de vie contient une rencontre avec une personne précise, mais que cette personne, pour son propre plan de vie, habite dans un autre pays. Il sera fort probable que mon plan de vie implique un voyage dans ce pays pour permettre la rencontre. Or, si je décidais de ne pas faire ce voyage à l’étranger qui me mènerait à la rencontre d’une personne inconnue qui doit jouer un rôle dans mon existence, les guides pourraient bien faire en sorte que cette personne, pour quelque raison lui étant profitable, décide de faire le voyage en sens inverse pour en venir à me rencontrer. C’est un exemple simpliste, mais qui peut prendre de très nombreuses ramifications pour aboutir à la conclusion souhaitée sans que cela nuise au plan de vie respectif de chacun.

Bref, les principaux aspects de notre incarnation ont été décidés à l’avance et une armée de travailleurs spirituels s’affaire pour qu’ils se concrétisent, depuis le choix de la famille jusqu’au moment et au type de décès. Ces travailleurs ne pourront pas nécessairement tout empêcher (p. ex. un suicide, un avortement ou un meurtre), car nous demeurons maîtres de notre destinée et de nos choix. Cela va de soi puisque nous devrons en assumer les conséquences pour parfaire notre apprentissage. Ils déploieront cependant des efforts considérables pour nous orienter dans la bonne direction ou nous ramener sur le droit chemin, pour peu que nous leur en laissions l’occasion et que nous suivions notre instinct.

Quelles que soient les circonstances, comprenez que celles-ci vous sont envoyées pour votre avancement. Acceptez-les sans rouspéter et tirez-en le meilleur parti.

Vers une science renouvelée

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Déjà, lors de la codification de la doctrine spirite, Allan Kardec avait entrevu que la science rejoindrait un jour le spiritisme. Il savait que les scientifiques ouverts et sérieux, grâce à l’avancement des méthodes et outils de recherche, obtiendraient la preuve et peut-être même l’explication de nombreux phénomènes observés et qu’ils confirmeraient les révélations spirites concernant la véritable identité de l’être humain.

Il ne peut en être autrement. Les révélations spirites passées et présentes nous indiquent des situations que nous ne pouvons pas percevoir ou que nos connaissances et nos capacités actuelles ne nous permettent pas de comprendre. De son côté, la science s’évertue à comprendre le monde qui nous entoure et comment l’être humain fonctionne. Forcément, un jour, les deux se rejoindront.

Or, ce jour approche pour certains aspects, notamment celui de l’existence de l’âme, en tant qu’esprit incarné dans la matière et agissant sur celle-ci, et celui du périsprit, du moins en partie.

En effet, un noyau de chercheurs sérieux, provenant de diverses disciplines, se sont rassemblés pour promouvoir une nouvelle façon de voir l’univers qu’ils appellent la « science post-matérialiste ». Pour ce faire, ces chercheurs ont fondé l’organisme Academy for the Advancement of Post-Materialistic Sciences. Leur vision est fondée sur les découvertes des cent dernières années, qui rendent désuet le modèle scientifique traditionnel.

Selon ce modèle traditionnel, tout n’est que matière dans l’univers, y compris l’être humain, dont les facultés mentales ne sont que le produit du cerveau. Or, de très nombreuses recherches ont démontré que le modèle matérialiste est erroné. La matière n’est pas telle qu’on l’imaginait, et le cerveau n’est pas la source des processus mentaux, bien qu’il soit associé à ces processus.

Si le sujet vous intéresse, je vous invite à consulter les ouvrages de Mario Beauregard, un neuroscientifique de renommée internationale. Faciles d’accès, ils vous donneront un très bon survol des avancées scientifiques en la matière. Sans entrer dans le détail, monsieur Beauregard a notamment étudié les divers états de conscience associés à la méditation, à la prière et à l’état de grâce. Il a notamment constaté que ces états pouvaient être provoqués, dans certaines circonstances, et qu’ils entraînaient une véritable expansion de la conscience hors des limites matérielles que nous connaissons. Il s’intéresse également aux capacités d’autoguérison.

Reste à voir dans quelle mesure ces précurseurs sauront convaincre et convertir leurs confrères et consoeurs plus traditionnalistes. Cela viendra, tôt ou tard.

La meilleure religion

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Le but premier de n’importe quelle religion digne de ce nom est d’amener l’être humain à comprendre sa nature réelle afin de l’inciter à devenir meilleur.

Chaque religion a sa propre perception de cette nature réelle, sa façon particulière de l’expliquer, ses principes quant aux comportements à adopter et son ensemble de croyances constituant la foi commune de ses adeptes. Toutes ont leurs bons côtés et leurs travers, car toutes sont le fruit de la pensée humaine et de ses limitations.

À travers les époques, toutes ont été louées et critiquées, toutes ont été utilisées et manipulées pour satisfaire des passions humaines de bas-étage, mais toutes ont aussi engendré des êtres hors du commun, se distinguant par leur bonté et leur sagesse. Des personnes qui en ont saisi l’essence et l’ont appliquée comme il se doit.

Toutes ont plus ou moins changé, au fil du temps, pour s’adapter à l’évolution des sociétés, mais toutes ont conservé leur base fondamentale, laquelle est relativement commune à toutes. C’est là que se trouve la partie « divine » des religions, ce qui les rattache à quelque chose de plus grand que l’être humain; cette parcelle de sagesse immuable, car émanant de la source originelle. Le reste est l’œuvre de l’être humain, dans toute son imperfection, malgré sa bonne volonté, mais ce cœur, lui, vient de plus haut.

On peut juger les religions, mais au fond, ce faisant, c’est l’être humain que l’on juge d’après son œuvre, ce qu’il a fait du cadeau divin. De la même façon, les humains seront jugés en fonction de ce qu’ils ont fait de la religion et du coup, des consignes de Dieu que les religions renferment, sous diverses formes. En effet, en raison du libre-arbitre accordé aux humains, chacun est libre d’analyser les religions et d’y puiser ce qu’il croit méritoire, mais il sera aussi responsable de ce qu’il en aura fait. S’il en a abusé et qu’il a fait du tort aux autres, il en paiera le prix; s’il en a usé avec bienveillance, il en retirera les bénéfices. Le problème n’est donc pas tant dans la religion même que dans l’usage qu’on en fait. Sachons en retirer ce qui ne peut venir que d’une source divine et laissons le reste de côté. Au lieu de condamner une religion ou une autre, analysons d’où vient le réel problème et tentons de le régler à la source.

Les bases du spiritisme 4 – La trinité humaine

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Nous avons vu précédemment que l’être humain est en fait un esprit incarné dans un corps matériel pour vivre les expériences propres à l’existence humaine, lesquelles lui permettront de progresser dans son évolution.

Cette description n’est pas tout à fait complète. Elle soulève même quelques questions. Si le corps physique est purement matière, comment l’esprit peut-il agit sur le corps? Pourquoi ne passe-t-il pas tout simplement à travers, comme les esprits désincarnés peuvent traverser les murs? Comment se fait-il qu’il reste attaché à ce corps? Pourquoi, une fois séparé du corps, l’esprit conserve-t-il l’apparence de ce dernier? Comment les expériences du corps peuvent-elles affecter l’esprit au point où certaines cicatrices peuvent être transférées au corps d’une incarnation suivante?

C’est qu’en fait, comme l’indique le titre de cet article, l’être humain compte une troisième composante : le périsprit. Celui-ci est sans doute le plus difficile des trois à conceptualiser. Il pourrait faire l’objet de plusieurs livres à lui seul, mais nous soulignerons ici les principaux points généraux pour décrire son rôle.

D’abord, il faut comprendre que l’esprit en soi est d’une nature trop subtile pour agir directement sur la matière telle que nous la connaissons. La différence est trop grande. C’est comme quand nous essayons d’attraper de l’air avec nos mains. Par conséquent, l’esprit a besoin d’un outil adapté à sa nature et à celle de la matière sur laquelle il veut agir. Cet outil, c’est le périsprit.

Ce périsprit est strictement matériel. Seulement, sa matière est beaucoup plus « éthérée », plus subtile ou raffinée que la matière organique terrestre. Elle est donc plus proche de la nature de l’esprit, ce qui permet à ce dernier de l’influencer. En même temps, elle est suffisamment « solide » pour agir sur la matière que nous connaissons. Ainsi, pour nous humains, le périsprit s’apparente davantage à une forme d’énergie (la littérature spirite le désigne habituellement comme un fluide), tandis que pour les désincarnés suffisamment évolués pour le connaître et le comprendre, il a une existence très concrète.

Étant matériel, le périsprit est modifiable, à la fois par l’Esprit et par le corps. Le premier (l’esprit) peut modifier le périsprit par sa volonté, tandis que le deuxième (le corps) peut le modifier par symbiose. Ce dernier point mérite une petite explication. Dès la conception, l’esprit qui s’incarne associe son périsprit au corps qui se forme, de telle sorte que le périsprit imprègne toute la structure corporelle; et ce sera le cas pendant toute la vie organique. Il en résulte que toute modification dans le corps ou dans le périsprit se répercutera dans l’autre, de façon plus ou moins marquée. Cette symbiose entre le corps et le périsprit est d’ailleurs à l’origine de nombreuses maladies pendant l’existence et des déformations congénitales. Elle est aussi confirmée par la littérature spirite qui nous indique que les esprits désincarnés (notamment les personnes suicidées) affichent les contrecoups des blessures sérieuses infligées au corps. Ces traces que conserve le périsprit, même après être détaché du corps, nécessitent un long processus de rétablissement et peuvent même être transférées au corps suivant dans lequel un esprit s’incarnera.

Pour être efficace, le périsprit doit aussi être adaptable au milieu dans lequel l’esprit évolue. À quoi servirait un périsprit incapable d’influencer la matière que l’esprit a sous la main? Cette adaptabilité vient du fait que le périsprit est aussi composé d’une certaine quantité de particules propres au milieu environnant (dans le cas des humains, la Terre). Ces particules sont ensuite laissées derrière lorsque l’esprit change de milieu, par exemple lorsqu’il se désincarne et retourne dans le monde spirituel où il n’en a plus besoin. De la même façon, plus un esprit évolue et vit dans des mondes plus spirituels, plus son périsprit se purifie, proportionnellement à l’état de ces mondes. Cette capacité d’adaptation au monde environnant permet aussi à un esprit plus évolué d’agir dans des milieux qui ne correspondent pas à son niveau, c’est-à-dire des niveaux moins évolués où la matière est plus dense. Fait important, un esprit peut rendre son périsprit plus « matériel » pour agir dans un monde moins évolué, mais il ne peut pas « purifier » à volonté son périsprit pour agir dans des niveaux plus évolués. L’état optimal du périsprit est celui que l’esprit a atteint.

Le dernier élément que je veux souligner au sujet du périsprit, c’est son rôle d’archives de l’esprit. Le périsprit conserve la trace de l’existence intégrale de l’esprit depuis sa création, ce qui inclut tout ce qu’il a fait et pensé, tout ce qu’il a appris. Le périsprit est donc, en quelque sorte, le reflet de la personnalité de l’esprit. Comprenez bien que le périsprit lui-même n’effectue aucune activité intellectuelle. Il ne pense pas, il ne décide rien et il n’agit pas par lui-même. Cela dit, tout ce que pense et fait l’esprit est inscrit dans le périsprit, si bien que celui-ci s’en trouve modifié en conséquence.

Il en résulte que l’état du périsprit correspond à l’état d’avancement de l’esprit. Cela explique les descriptions faites des esprits de bas-étage, dont le périsprit vicié par des pensées et actions néfastes va jusqu’à prendre une apparence littéralement monstrueuse, tandis que celui des êtres plus évolués s’avère « translucide et lumineux », révélant l’essence intime de l’esprit. Cette propriété du périsprit indique aussi à quiconque rencontre un autre esprit dans le monde spirituel d’évaluer le niveau d’évolution de l’esprit en question (qui ne peut pas être camouflé). En outre, la condition du périsprit lors du passage dans le monde spirituel déterminera, par voie d’affinité vibratoire, dans quelles régions l’esprit sera en mesure d’aller. Plus le périsprit sera vicié, plus ses vibrations seront basses et lui bloqueront l’accès aux régions supérieures, l’empêchant même de percevoir la présence d’esprits plus évolués à leurs côtés.

Ce ne sont là que des grandes lignes sur ce qu’est le périsprit. Ce sujet pourrait à lui seul remplir plusieurs ouvrages. Toutefois, elles vous éclaireront sur la nature réelle de l’être humain et l’importance de l’amélioration personnelle. La condition de l’esprit est le résultat de ses actes et pensées, qu’il peut toujours corriger s’il le souhaite, et cette condition se reflète directement sur son périsprit, lequel détermine sa situation dans l’au-delà. L’esprit est donc bel et bien l’artisan de son malheur comme de son bonheur. C’est un pensez-y bien!

Tout vient à point à qui sait attendre

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La patience est une vertu qui se fait de plus en plus rare dans notre société moderne. On s’impatiente à la moindre contrariété; on veut être rendu avant de partir; on veut une gratification instantanée; on veut obtenir immédiatement ce qu’on désire, même quand on n’en a pas les moyens; on enguirlande sans ménagement quiconque roule moins vite devant nous; on s’inquiète au moindre délai de réponse à nos messages.

En fait, c’est comme si plus on se préoccupait du temps qui file, plus celui-ci s’égrenait rapidement. Que de stress et de maladie liés à ce souci du temps qui fuit!

Or, le temps n’est essentiellement qu’une mesure, qu’un point de repère ou une référence, au même titre que la distance. Pourquoi s’en préoccupe-t-on tant en ce cas? Parce qu’au fil du temps, nous avons collectivement décidé d’y attribuer une importance qu’il n’a pas, et nous avons enraciné dans nos cultures la notion que le temps nous est compté. Le temps a même ainsi acquis une « valeur ». Le temps est devenu précieux!

D’un point de vue spirite, c’est un aspect plutôt ridicule, puisque même si la vie humaine est limitée dans le temps, on sait que l’être humain est en fait un esprit dont l’existence est éternelle. On sait qu’il a existé longtemps avant sa venue sur Terre et qu’il poursuivra sa route après son départ. Pourquoi s’en ferait-il avec le temps qui passe ou qu’il lui reste, si ce n’est pour optimiser l’occasion qu’on lui a accordée de s’améliorer en s’incarnant sur Terre? Cela dit, quand je parle d’optimiser son temps, je ne parle pas tant en termes de quantité d’actions qu’en termes de qualité des actions. Et pour cela, il se trouve que la patience est tout indiquée, car l’empressement porte plutôt à bâcler.

Plus nous développons notre patience, plus nous gagnons en sérénité, car moins les futilités viennent perturber notre quiétude d’esprit. L’apprentissage de la doctrine spirite nous aide justement à comprendre que les désagréments de la vie matérielle sont passagers et représentent un bien court instant dans notre vie éternelle. Il nous indique aussi que ces désagréments, nous les avons soit choisis, soit mérités, et parfois même les deux. Le spiritisme nous aide à accepter les épreuves, car nous comprenons leur origine et leur utilité. Ce ne sont plus de malheureux hasards, mais des occasions de rachat et d’évolution. Nous en devenons par conséquent plus tolérants et plus résignés face aux aléas de l’existence.

Je vous invite donc à réfléchir à votre conception du temps; à son importance dans votre vie; à votre façon de l’utiliser, en tenant compte du fait qu’au fond, vous avez toute la vie devant vous, et qu’encore bien d’autres suivront…

La filière brésilienne; un exemple à suivre

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La chaîne Netflix présente une nouvelle série documentaire sur la survivance de l’âme après la mort. L’approche consiste à présenter des faits appuyant la thèse de la survivance (manifestations physiques, communications, médiumnité, apparitions, etc.). Rien de bien étonnant pour un spirite, mais le traitement du sujet est tout de même intéressant. En fait, le contenu m’a semblé bien adapté pour des gens qui se questionnent encore.

La plus grande lacune, c’est que le documentaire ne fait absolument aucun cas de la doctrine spirite, laquelle explique si bien le tout. Par ailleurs, il ne fait aucune mention de son application au Brésil, où le spiritisme a trouvé un terreau si fertile à son expansion.

Le spiritisme, apparu en France en 1857, grâce aux ouvrages d’Allan Kardec (toujours la référence première), s’est transporté au Brésil vers la fin du XIXe siècle. Il y a cependant pris une tournure bien différente. En Europe, on l’a abordé d’un point de vue scientifique et on l’a adopté de manière plutôt individualiste, comme un réconfort, une manière de s’améliorer et d’améliorer son sort après la mort. Par contre, au Brésil, on a tout de suite saisi l’importance de la pratique de la charité, que véhicule la doctrine, et le spiritisme est devenue une motivation pour soutenir les plus démunis.

Les spirites brésiliens sérieux ont rapidement instauré des dispensaires, des orphelinats, des soupes populaires, des écoles et autres œuvres de bienfaisance en fonction des besoins locaux. Ce service pour le mieux-être d’autrui, auquel fait constamment référence André Luiz (et bien d’autres esprits), est l’élément crucial à retenir de l’expérience brésilienne.

Évidemment, ce service ne peut pas nécessairement prendre la même forme partout. Cependant, la misère humaine règne sur toute la Terre et revêt d’innombrables habits. On la trouve tout autant chez les bien nantis que parmi les plus démunis. La détresse peut être matérielle, mais elle peut tout aussi bien s’avérer spirituelle ou émotive. Il n’y a qu’à regarder pour la trouver. Chaque geste charitable compte, pour l’autre et pour soi.

L’autre aspect notable du spiritisme, au Brésil, réside dans la nature des communications obtenues par les médiums. En raison de leurs sentiments et de leurs actions charitables, certains médiums brésiliens (notamment Chico Xavier et Divaldo Franco) ont obtenu des communications d’esprits de haut niveau qui ont grandement enrichi les connaissances et les enseignements que dispense la doctrine spirite. Ces messages, prenant souvent la forme de livres complets, voire de séries thématiques, ont abordé de nombreuses facettes dont la vie dans le monde spirituel, les mécanismes de la médiumnité, la psychologie humaine, les obsessions, les relations humaines, la sexualité, le développement personnel, et j’en passe beaucoup!

Ces ouvrages ne sont pas tous disponibles en français, mais on en trouve de plus en plus. Vous trouverez ma version des trois premiers tomes de la série d’André Luiz sur ce site, et d’autres sont aussi disponibles. Je vous encourage fortement à lire tous ceux que vous trouverez, car chacun regorge d’enseignements précieux. On n’en sait jamais trop sur ces sujets fondamentaux pour l’être humain. Vous constaterez de vous-mêmes comment ils peuvent vous transformer.

Sur ce, bonne lecture et n’hésitez pas à tendre la main à votre prochain d’une façon ou de l’autre.

Mon Dieu à moi…

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Ce n’est pas tout le monde qui croit en Dieu. Par ailleurs, ceux qui y croient ne croient pas tous au même Dieu. Le concept de Dieu est très variable.

Les spirites, pour leur part, adhèrent à la description qu’en a donnée Allan Kardec au premier chapitre du Livre des Esprits.

Cette description, Kardec l’a compilée à partir des explications que de nombreux esprits lui ont fournies.

En résumé, il définit Dieu comme l’intelligence suprême et la cause première de toutes choses. Logiquement, Dieu est éternel, infini, unique, immuable, immatériel, omnipotent, infiniment juste et bon. Il explique ensuite ces concepts, mais les esprits précisent que ces qualités demeurent incomplètes et reflètent les limites de notre entendement.

Les esprits lui ont indiqué qu’il n’est pas possible pour les humains de saisir la véritable nature de Dieu (ce que c’est que Dieu, de quoi il se compose, etc.) en raison de leur faible degré d’avancement. Fait intéressant, dans les communications obtenues par le révérend Owen G. Vale au début du XXe siècle, même des esprits habitant des mondes beaucoup plus élevés que la Terre avouaient peiner à comprendre Dieu.

Je vous invite à consulter le chapitre du Livre des Esprits sur cette question et à méditer le tout. Vous trouverez une version PDF du livre sur ce site. Cette réflexion pourra, je crois, vous aider à définir votre concept de Dieu ou à tout le moins à comprendre à quel genre Dieu les spirites font référence. De là, libre à vous de croire ou non en cette entité. Comne je l’ai mentionné dans mon précédent billet, cette croyance n’est pas essentielle au progrès individuel, mais elle peut le soutenir, voire le faciliter.