Pourquoi « pas moi »? À défaut de vivre une EMI

Photo de Pixabay sur Pexels.com

Les récits d’EMI abondent de nos jours. On les trouve dans des livres, sur l’Internet, dans divers documentaires. Dans la très grande majorité des cas, ces expériences se déroulent dans une déferlante d’amour inconditionnel et illimité à l’égard de l’expérienceur. Dans la plupart des cas, cette expérience s’avère aussi transformatrice dans la vie de celui ou celle qui l’a vécue.

Ces derniers voient dès lors la vie différemment. Ils ont acquis une compréhension différente de la vie pendant cet événement, si bien que leur vie prend un tournant très marqué.

En règle générale, l’ayant pratiquement « expérimentée », ils ne craignent plus la mort. Ils savent ce qui les attend lorsque celle-ci surviendra pour de bon. Ils y puisent une grande sérénité.

En fait, à les observer, on en vient en quelque sorte à les envier!

On peut se demander pourquoi ils ont eu cette « chance »; pourquoi tout le monde ne l’a-t-il pas?

Ne retenez pas votre souffle, je n’ai pas la réponse.

Par contre, je crois sincèrement qu’on peut atteindre une paix similaire par l’étude, la compréhension et l’application de la philosophie spirite. J’en conviens, cela demandera plus de travail que d’y arriver par voie d’une EMI, mais ce peut aussi s’avérer moins traumatisant, quoique aussi efficace sur le plan de la sérénité.

La paix obtenue découle du savoir, de la certitude de ce qu’est l’au-delà, de la continuité de la vie. Eh bien, la philosophie spirite nous fournit ce savoir de manière si nette et convaincante que l’on peut en venir à développer la même certitude et la même sérénité.

En effet, le contact avec des défunts nous confirme l’existence et la survie d’une composante spirituelle dans notre personne. L’observation de l’infinie variété des conditions dans lesquelles se trouvent ces défunts nous éclaire sur la situation réelle de l’Esprit après le tombeau. Les très nombreux récits d’entités relatant leur vie dans le monde spirituel nous tracent un portrait très éclairant de la réalité et du caractère très concret de l’au-delà. On peut donc savoir à quoi s’attendre en fonction de notre état actuel. De là, on comprendra que l’on peut améliorer son sort futur en travaillant dès à présent à s’améliorer intimement.

La philosophie spirite nous explique en outre que nous sommes des êtres de nature spirituelle incarnés dans un corps matériel et que nous sommes ainsi incarnés pour un travail de rénovation et d’apprentissage. La vie sur Terre s’avère donc à la fois un atelier et une école où les outils ne manquent pas.

Ainsi, chacun a le choix pour se transformer : attendre de vivre une EMI (si cela se produit un jour) ou étudier et appliquer la philosophie spirite (disponible en tous temps).

Mon choix est fait!

Éloge de la souffrance

Photo de Liza Summer sur Pexels.com

Avec un tel titre, ce ne sera sûrement pas mon article le plus populaire!

C’est néanmoins un sujet qui nous concerne tous, car la souffrance, sous l’une ou l’autre de ses innombrables formes, fait partie intégrante de l’existence humaine, qu’on la perçoive ou non.

Avant de se révolter devant toute cette souffrance qui nous accable, il faut cependant chercher à comprendre pourquoi nous souffrons tant.

Un mal nécessaire

D’un point de vue strictement humain, la souffrance apparaît souvent injustifiée, car on en ignore les causes véritables. Pour trouver un sens et une justification à la souffrance, il faut l’aborder du point de vue de l’être spirituel et de son évolution morale.

Cet être spirituel est éternel et accumule un lourd fardeau de dettes au fil de son parcours; des dettes envers d’autres Esprits, mais aussi envers les lois divines auxquelles il contrevient. Ces dettes, l’Esprit devra les rembourser. Par ailleurs, il devra finir par comprendre les lois qu’il a enfreintes pour éviter d’accumuler d’autres dettes. C’est ainsi qu’il retrouvera « le droit chemin » et poursuivra son évolution.

Le meilleur moyen de rembourser ses dettes est de se retrouver en contact avec les gens qu’il a lésées ou blessées (physiquement ou psychologiquement) dans un contexte où il aura la possibilité d’être bienveillant envers ces personnes. S’il y parvient, il effacera une part de ses dettes, mais s’il échoue, sa dette grandira encore, et il devra recommencer l’expérience dans une autre incarnation. Les rôles de chaque protagoniste ne seront pas nécessairement les mêmes. Par exemple, un enfant négligé par son père pourrait se retrouver le père de celui qui l’avait négligé dans une prochaine existence. Un maître pourrait se retrouver l’esclave ou l’employé de celui qu’il a torturé. Une femme trompée pourrait donner naissance à sa rivale d’une vie précédente, laquelle deviendra sa fille dans cette incarnation-ci. Les nuances sont infinies.

Ainsi, qui que nous soyons, le contexte dans lequel nous vivons est la conséquence directe de nos vies antérieures. De ce que nous avons fait et des pensées que nous avons entretenues. Ce passé teinte qui nous sommes (puisque nous demeurons le même être d’un monde à l’autre) et nos conditions de vie, de même que notre environnement et notre entourage. Donc, toutes nos souffrances trouvent leurs causes dans nos vies antérieures et dans notre comportement actuel (tant nos actions que nos pensées) qui en est le résultat.

Un catalyseur

La souffrance constitue donc une occasion (forcée, diront certains) de nous racheter et d’évoluer. Il nous faut donc reconnaître, dans nos souffrances, la conséquence directe de nos erreurs et y voir une occasion bénie d’effacer une part de nos dettes.

Et puisque nous sommes les seuls responsables de cette souffrance qui nous accable, il devient incongru de nous en révolter. La seule personne à blâmer, c’est nous-même! Quand nous clamons « mais qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour mériter cela? », nous visons juste. Nous avons bel et bien fait quelque chose qui allait à l’encontre des lois divines, ce qui a entraîné les conditions que nous subissons présentement.

Une stimulation

La souffrance joue aussi un rôle d’agent provocateur. À force de souffrir, l’être en vient à se questionner sur l’origine et l’explication de cette souffrance. C’est du moins à espérer! Ce questionnement est déjà un premier pas dans la bonne direction, celle du changement intime. Si on lui donne suite, il peut mener à des réponses qui provoqueront une prise de conscience et, éventuellement, un changement d’attitude. Une transformation du mode de pensée. Un tel changement sera bénéfique pour toutes les incarnations suivantes, car une fois que le déclic s’est fait, l’Esprit ne revient pas en arrière. Il comprend et voit les choses d’un œil différent.

Après tout, quand on y pense, la souffrance est en fait une perception. Tous ne souffrent pas des mêmes causes ni avec la même intensité d’une cause identique. Or, si la souffrance est le résultat d’une perception des événements qui nous arrivent, cela signifie que nous pouvons modifier cette perception par un effort de notre volonté et un changement d’attitude devant les circonstances.

C’est ainsi qu’on peut en venir à accepter nos souffrances avec résignation une fois que l’on en comprend les causes et l’utilité. Une telle résignation apporte aussi une grande sérénité et éclaircit l’esprit, car elle libère l’Esprit de nombreuses préoccupations, de sorte qu’il peut se tourner vers d’autres sujets de réflexion, notamment la recherche de façons d’améliorer son sort et celui d’autrui.

La compréhension apaise nos souffrances, et puisque nous souffrons moins, nous arrivons à nous détourner de notre égocentrisme, ce qui nous permet de nous ouvrir à l’autre, qui souffre lui aussi, pour lui prêter main forte.

Comme quoi la souffrance est vraiment une bénédiction!

L’apprentissage continu, c’est aussi pour les esprits

Photo de Pixabay sur Pexels.com

Le Livre des Esprits nous apprend que lorsque Dieu les crée, les Esprits sont simples et ignorants, sans penchant ni pour le bien ni pour le mal. Ils sont créés égaux, mais ils sont ensuite libres d’évoluer à leur rythme et de prendre les chemins qu’ils souhaitent pour parvenir à destination, laquelle est la même pour tous : la perfection. Pour y arriver, ils ont l’éternité, puisqu’ils sont immortels, mais il va sans dire que certains parcours seront moins éprouvants que d’autres et plus rapides.

Cet objectif n’a rien d’abstrait et d’arbitraire. Au contraire, il est la conséquence logique du rôle que jouent les esprits dans la marche de l’univers. La littérature spirite et d’origine spirituelle nous a révélé certaines facettes de la vie dans le monde spirituel. Entre autres, que les esprits prennent une part active à l’exécution de la volonté divine, en fonction de leur avancement et de leurs capacités.

La plupart s’occupent dans le monde spirituel, par exemple en soignant des esprits mal en point ou en effectuant de la surveillance ou diverses missions de sauvetage dans les zones mal famées. Une grande quantité d’autres esprits veillent au bon fonctionnement du monde matériel, notamment en participant au développement des composantes des règnes minéral, végétal et animal ou encore en assistant les processus d’incarnation ou de désincarnation.

Plus l’esprit croît en connaissances, en capacités et en sagesse, plus il assume des rôles importants. À ce sujet, on peut obtenir une certaine description des mondes et activités des esprits dans les sphères spirituelles plus distantes du plan terrestre, en termes d’évolution, dans les ouvrages du révérend G. Vale Owen [à ma connaissance, ces ouvrages n’ont pas été traduits en français]. Ce dernier a reçu de nombreux messages d’esprits habitant ces zones au début du XXe siècle. Les tableaux que ces esprits en brossent sont plutôt impressionnants et illustrent bien l’ampleur des capacités que peuvent développer les Esprits, de même que les responsabilités qu’ils viennent à assumer. Cela permet de comprendre l’importance de l’évolution pour assurer des décisions et des actions fidèles aux principes divins et dont les conséquences sont prises en considération.

Ainsi, l’Esprit débute son apprentissage continuel dès sa création. Cet apprentissage prend diverses formes et se déroule tant dans le monde spirituel que dans les mondes matériels adaptés à son niveau. Parvenu au stade de maturité suffisant, après avoir acquis les connaissances et l’expérience requises, l’Esprit aura l’occasion de s’incarner sur Terre dans un corps humain.

Grâce aux contraintes qu’elle impose à l’Esprit, l’existence humaine s’avère un outil de premier ordre. D’abord, les nécessités liées à la survie du corps matériel obligent l’esprit à réfléchir et à agir pour se nourrir, s’abriter, se vêtir, etc. De plus, la promiscuité avec les autres êtres humains, dont sa famille, le forcent à apprendre les bases de la vie en société et façonnent sa personnalité. Ce contact avec les autres lui procure également une panoplie d’occasions de faire le bien et d’aider son prochain, éléments essentiels à son éducation, voire sa rééducation, en fonction de son parcours. L’expérience terrestre est aussi le principal théâtre de l’expiation et du rachat des fautes commises précédemment dans un monde ou dans l’autre.

Ce parcours d’apprentissage se poursuit dans le monde spirituel, une fois que nous quittons le monde terrestre, jusqu’à notre prochaine incarnation, où nous reviendrons sur Terre pour progresser toujours un peu plus. Il ne faut pas se leurrer, une vie sur Terre est loin de suffire pour corriger tous nos défauts et apprendre tout ce que l’on doit savoir!

« Naître, mourir, renaître encore et progresser sans cesse, telle est la Loi. »

(Allan Kardec)

En fait, un bref survol de la diversité des personnalités humaines nous révèle l’étendue de la gamme de degrés d’évolution que l’on retrouve parmi les Esprits incarnés. Si l’on considère que chacun compte déjà quelques centaines d’existences sur Terre à son actif, on comprend rapidement que l’on progresse très peu à chaque fois. Cela dit, avec les efforts requis, on peut quand même faire de grands pas en avant. Il n’en tient qu’à nous de relever nos manches.

Et si l’on prend du recul, on constate que cette diversité est multipliée à l’infini chez les Esprits du monde spirituel, tant du côté moins évolué que du côté plus élevé. Or, quel que soit leur situation actuelle, tous finiront un jour par atteindre la perfection. C’est la loi divine du progrès!