Le spiritisme et les rituels

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Cette semaine a débuté le Carême pour les catholiques. De tels rituels existent dans pratiquement toutes les religions. Toutefois, on n’en trouve pas dans le spiritisme, car celui-ci n’est pas une religion en soi, au sens traditionnel du terme.

Selon les mots d’Allan Kardec :

« Au point de vue religieux, le spiritisme a pour base les vérités fondamentales de toutes les religions : Dieu, l’âme, l’immortalité, les peines et les récompenses futures, mais il est indépendant de tout culte particulier. En démontrant ces vérités par des preuves irrécusables, il ramène les incrédules aux idées religieuses et donne de la force à ceux qui chancellent, mais il ne s’occupe nullement des dogmes spéciaux. (…)

Comme morale, il est essentiellement chrétien, parce que celle qu’il enseigne n’est que le développement et l’application de celle du Christ, la plus pure de toutes, et dont la supériorité n’est contestée par personne; or, la morale est de toutes les religions.

Le spiritisme étant indépendant de toute forme de culte, et n’en prescrivant aucun, ne constitue point une religion spéciale, et ne recommande à personne de quitter la sienne. »

[Le spiritisme à sa plus simple expression, p. 16]

Voilà qui situe assez bien le spiritisme par rapport aux religions traditionnelles. Cela explique aussi les innombrables références au Christ et à ses enseignements moraux, lesquels peuvent donner une impression de religiosité. Toutefois, ces références s’expliquent par l’origine même de la doctrine et par son caractère philosophique visant l’amélioration du caractère et la croissance spirituelle.

Les enseignements « chrétiens » (dans le sens où ils viennent du Christ), permettent de comprendre ce que nous sommes, pourquoi nous sommes sur Terre et comment nous comporter idéalement, tandis que les phénomènes médiumniques nous apportent la preuve de ces affirmations philosophiques et le réconfort du contact avec des proches et avec des êtres plus avancés qui nous soutiennent dans notre parcours.

  • Ainsi, le spiritisme n’a ni leader spirituel, ni pape, ni gourou sur Terre; ceux-ci se trouvent dans le monde spirituel avec Dieu et Jésus en tête de ligne.
  • Le spiritisme n’a pas d’églises ni de lieux de culte, mais ses adeptes se regroupent dans des maisons ou des locaux qui deviennent le point de ralliement pour leur étude et leur pratique du bien à l’intention du prochain. Ils s’y regroupent aussi pour unir leurs énergies et prier plus efficacement pour épauler les bons esprits qui prêtent une assistance spirituelle à ceux qui en ont besoin. Chacun y vient quand il le désire, et ces lieux sont ouverts à tous, quelles que soient leurs allégeances. On y trouve des conseils, des ressources, un soutien et une orientation.  
  • Le spiritisme n’a pas de structure hiérarchique définie et directrice, mais les divers groupes se sont structurés et ont formé des organisations pour se donner des moyens de faire connaître la doctrine à plus grande échelle, notamment par la publication des livres spirites et la mise sur pied de diverses activités (séminaires, vidéos, etc.).
  • Le spiritisme n’a pas de dogmes immuables. Il repose sur des enseignements dont la véracité a été démontrée par les faits. En outre, il promeut une foi fondée sur la raison, et non une foi aveugle. Les spirites croient en la doctrine parce qu’ils ont compris qu’il ne peut en être autrement et parce que cette foi leur apporte lumière, soulagement, espoir et réconfort.
  • Le spiritisme n’a pas de rituels, mais parce qu’ils en ont compris l’importance, certains groupe et individus ont choisi d’effectuer régulièrement certaines activités comme la prière, individuelle ou collective, l’application de passes magnétiques et l’étude des ouvrages spirites. Ces habitudes pourraient être perçues comme des rituels, mais la différence vient du fait que les adeptes les pratiquent par choix et non parce qu’ils sont exigés par la doctrine.

En résumé, oui, le spiritisme peut avoir des airs de religion, mais quand on gratte un peu la surface des apparences, on s’aperçoit qu’il n’en est rien, et que le spiritisme se distingue nettement des religions.

La meilleure religion

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Le but premier de n’importe quelle religion digne de ce nom est d’amener l’être humain à comprendre sa nature réelle afin de l’inciter à devenir meilleur.

Chaque religion a sa propre perception de cette nature réelle, sa façon particulière de l’expliquer, ses principes quant aux comportements à adopter et son ensemble de croyances constituant la foi commune de ses adeptes. Toutes ont leurs bons côtés et leurs travers, car toutes sont le fruit de la pensée humaine et de ses limitations.

À travers les époques, toutes ont été louées et critiquées, toutes ont été utilisées et manipulées pour satisfaire des passions humaines de bas-étage, mais toutes ont aussi engendré des êtres hors du commun, se distinguant par leur bonté et leur sagesse. Des personnes qui en ont saisi l’essence et l’ont appliquée comme il se doit.

Toutes ont plus ou moins changé, au fil du temps, pour s’adapter à l’évolution des sociétés, mais toutes ont conservé leur base fondamentale, laquelle est relativement commune à toutes. C’est là que se trouve la partie « divine » des religions, ce qui les rattache à quelque chose de plus grand que l’être humain; cette parcelle de sagesse immuable, car émanant de la source originelle. Le reste est l’œuvre de l’être humain, dans toute son imperfection, malgré sa bonne volonté, mais ce cœur, lui, vient de plus haut.

On peut juger les religions, mais au fond, ce faisant, c’est l’être humain que l’on juge d’après son œuvre, ce qu’il a fait du cadeau divin. De la même façon, les humains seront jugés en fonction de ce qu’ils ont fait de la religion et du coup, des consignes de Dieu que les religions renferment, sous diverses formes. En effet, en raison du libre-arbitre accordé aux humains, chacun est libre d’analyser les religions et d’y puiser ce qu’il croit méritoire, mais il sera aussi responsable de ce qu’il en aura fait. S’il en a abusé et qu’il a fait du tort aux autres, il en paiera le prix; s’il en a usé avec bienveillance, il en retirera les bénéfices. Le problème n’est donc pas tant dans la religion même que dans l’usage qu’on en fait. Sachons en retirer ce qui ne peut venir que d’une source divine et laissons le reste de côté. Au lieu de condamner une religion ou une autre, analysons d’où vient le réel problème et tentons de le régler à la source.